En septembre 1415, l'armée anglaise commandée par le roi Henri V, débarque ses 6 000 hommes à Chef-de-Caux, près de Harfleur. Les Français lèvent une force de 30 000 soldats, pour couper la route des Anglais, qui se dirigent vers Calais, après une campagne sur la Somme. La nuit du 24 octobre 1415, l'armée francçaise  sous le commendement de Charles 1er d'Albret connétable de France se trouve dans les champs fraîchement labourés au pied de la colline près de la clairière des bois d'Azincourt et Tramecourt, dans le Pas-de-Calais. Les Anglais font face aux troupes françaises toutes deux souffrent de la pluie lourde qui ne cesse de tomber pendant toute la nuit. Un ruisseau qui coule de la colline, se transforme en torrent et se déverse sur le camps français. Le long champs de bataille se transforme vite en  bourbier, largement défavorable aux troupes de Charles 1er d'Albret qui est composée de nombreux chevaliers en armures.

  Au lever du jour le vendredi 25 octobre les Anglais sont postés en ordre de bataille, avec un corps pricipal qui est formé d'une ligne ininterrompue de soldats sur quatre rangs. Le duc d'York commande l'aile droite et le sire de Camoys la gauche, tandis que le duc d'Erpymgham dispose ses archers sur les flancs et dans le bois de Tramecourt pour éviter un encerclement. En bon chef de guerre le roi Henri V entouré de sa garde personnelle se place à la tête de ses hommes.

  Dans le camps français, beaucoups de seigneurs sont présents, à tel point que les bannieres furent repliées car elle génaient la vue du corps de bataille principal. Les hommes de Charles 1er d'Albret trois fois plus nombreux que l'ennemi sont disposés sur trois rangs compacts, l'avant-garde est composée de 3 000 chevaliers commandée par des grands seigneurs tels que le maréchal Boucicaut, le connétable Charles 1er d'Albret, le ducs d'Orléans et de Bourbon, David de Rambures (grand maitre des arbalétriers), le seigneur de Dampiere (amiral de France), Guichard Dauphin et d'autres officiers du roi. Le corps de bataille principal, 150 mètres en arrière de l'avant-garde etait forte de 4 000 hommes sous les  ordres des comtes d'Aumale, de Dammartin et de Fauquembergues. Ces deux premiers groupes étaient constitués d'hommes en armures qui avaient pied à terre. L'arrière-garde se composait de soldats  de petite noblesse et de basse naissance, soit un total de 4100 hommes. Ils s'étaient fait relégués en arrière par les grands seigneurs qui voulaient se réserver toute la gloire de la victoire. De plus l'aide proposée par 4 000 arbalétriers génois, avait été refusée car les Français s'estimaient bien assez nombreux. Deux contigents de cavalerie lourde forte de 2400 hommes montés, devaient évoluer sur les flancs, afin de briser les rangs d'archer pour faciliter l'attaque du corps de bataille principal.

  Le jour se lève sur le champs de bataille, qui sera le tombeau de la cavalerie française. Des négociations s'engagent entre les béligérants. les Français demandent au roi Henri V de renoncer à la couronne de France, alors que les Anglais demandent le libre accès à Calais, et sont prêts à rendre les fortresses qu'ils détiennent dans le Nord du royaume de France. Toutes ces propositions échouent la bataille et inévitable. A 10 heures du matin l'armée anglaise fait mouvement et avance de 600 mètres pour occuper la partie étroite du champs de bataille située entre deux forêts. Cette manoeuvre à aussi pour but de provoquer les Français qui maintenant se trouvent à la portée des archers britanniques qui disposent devant eux des pieux de bois destinés à empaler les chevaux ennemis.

  La cavalerie lourde française charge les rangs adverses, mais elle doit évoluer sur un terrain fraichement labouré et détrempé par la pluie de la veille. Les flèches anglaises criblent les hommes et les montures, ceux qui parviennent jusqu'aux rangs des archers anglais sont tués, ou s'empalent sur les pieux, voire capturés. Les chevaux blessés tentent de s'enfuir et se heurtent à l'avant-garde française qui charge avec à sa tête le connétable lui-même. Les hommes alourdis par les armures s'enfoncent dans la boue à chaque pas, et parviennent jusqu'au contact des hommes d'armes anglais. Les Français enfoncent les lignes ennemies en plusieurs endroits, mais les archers laissent leurs arcs et entrent dans la  melée avec des armes de corps à corps. Piégées dans une sorte d'entonoir la première ligne est taillée en pièces et bat en retraite. Cependant la deuxieme ligne arrive et se heurte à la  première qui recule, ce qui provoque une grande confusion. Les cadavres des chevaux et des hommes tombés dans les premières minutes de la bataille empêchent toute progression et assauts. Les  Anglais commencent à comprendre que la victoire se dessine et font des prisonniers contrairement auc ordres d'Henri V. Ils pourront demander des rançons, ce qui est l'usage à cette époque.

  Le duc Antoine de Brabant frère de Jean sans Peur duc de Bourgogne, arrive sur le champs de bataille et charge avec 11 de ses chevaliers. Sur les arrière des Anglais surgissent le seigneur d'Azincourt, Ysembart Rifflart de Palmasse et Robinet de Bournonville avec une troupe de 600 paysans qui s'en prennent aux bagages royaux dérobant  des objets de valeur dont une couronne et une épée royale. Craignant d'être attaqué à revers Henri V ordonne que les prisonniers de plus hauts rangs soient éxécutés. les archers protestent, mais le roi menace de pendre quiconque refusera d'obéir aux ordres. Il charge un écuyer et 20 archers de cette basse besogne. La charge des paysans sur les arrière de l'ennemi pourrait redonner espoir aux prisonniers français qui se soulèveraient alors et reprendraient les armes. Chaque homme tue son captif, le plus souvent égorgés ou le crâne fracassé avec des haches ou des masses d'armes, d'autres sont enfermés dans des granges qui sont incendiées. Le duc de Brabant est lui aussi égorgé, les Anglais ne l'ayant pas reconnu comme faisant partie de la maison de Bourgogne.

  Pendant que les captifs étaient éxécutés, la troisième ligne française, sans chef, arrive et se brise sur les Anglais, elle recule et s'enfuit, Ysembart d'Azincourt et ses hommes battent eux aussi en retraite. Il est 17 heures et la bataille est terminée. Le lendemain matin, le roi Henri V revient sur le champs de bataille  et fait éxécuter les blessés français qui avaient survécus. Les pertes anglaises sont de 13 chevaliers, dont le duc d'York, tué par le duc d'Alençon, et une centaine de simples soldats. Pour les Français ils perdent 6 000 chevaliers et plusieurs ducs (Jean 1er d'Alençon, Edouard III de Bar et 5 comtes dont Philippe de Bourgogne, Robert de Marle quant à Charles d'Orléans il est fait prisonnier), 90 barons et un millier de chevaliers sont captifs. le connétable Charles 1er d'Albret à été tué au cours de la première charge.

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 Le matin précédent la bataille oeuvre de sir John Gilbert.

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Le roi Henry V à la bataille d'Azincourt peinture d'Harry Payne.

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Henry V attaqué par Jean 1er d'Alençon. (James Williams Edmund Doyle).

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  La bataille d'Azincourt vue par un peintre de l'époque.

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Henry V roi d'Angleterre.

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Edouard de Norwich, duc d'York, tué dans la bataille par Jean 1er d'Alençon.