Juan Manuel Fangio est né le 24 juin 1911 à Balcarce en Argentine, il est issu d'une famille d'émigrés italiens, cinquième fils d'une fraterie de six enfants. Pas très doué pour les études il se passionne pour le football ainsi que la mécanique automobile et fréquente un atelier de réparation pendant tous ses loisirs. En 1922 Fangio devient apprenti mécanicien, parallèlement à l'école, et lorsqu'il à 16 ans on lui confie parfois le soin d'essayer les nouvelles voitures. Il fera ses premiers pas en compétition en 1929 en tant que copilote d'un riche client de son garage dans lequel il travaille et cette unique expérience restera gravée dans sa mémoire.

  Après son service militaire il ouvre son propre garage, avec l'aide de son père et de ses frères. Ce n'est qu'en 1936 qu'il participe à une course en qualité de pilote sur une Ford A d'un ami préparée dans l'atelier familial.Deux ans plus tard il prend conscience de ses talents de pilote en participant au " Gran Premio Necochea " près de Buenos Aires avec une Ford V8. De 1939 à 1942, Juan Manuel Fangio délaisse les courses sur circuits pour prendre part aux épreuves sur routes alors très populaires en Argentine. Grace à une souscription lancée à Balcarce, il réussi à se payer une Chevrolet V6 et parvient à rapidement concurrencer les frères Galvez qui sont à cette époque les spécialistes de cette discipline. Fangio remporte son premier titre de champion d'Argentine en 1940, lors de la course de " Gran Premio del Norte " une épreuve qui se déroule pendant quinze jours sur des routes sinueuses entre Lima et Buenos Aires via la Cordillière des Andes. Il concervera son titre jusqu'en 1941. Mais alors que la guerre fait rage en Europe et s'étend au monde entier, l'économie argentine commence à être éprouvé, et les courses sont mises en sommeil pour causes de rationnements, Fangio se consacre dès lors au bon fonctonnement de son garage.

  La consécaration lui parvient en 1949 ou l'Automobile Club Argentine lui confie une voiture compétitive. Envoyé en Europe l'équipe argentine devient rapidement très compétitive et Fangio remporte toute une série de succès et revient en héros national pour son retour au pays en fin de saison, satisfait d'avoir décroché un volant officiel chez Alfa Romeo pour l'année 1950 . Il est engagé pour la saison 1950 sur une Alfetta 158 et remporte son premier GP de championnat du monde, à Monaco réalisant dès le deuxième tour le premier hat trick de l'histoire de la Formule 1.Il remportera également le GP de Belgique, mais suite à plusieurs abandons le titre mondial de 1950 lui échappe au profit de Guiseppe Farina son coéquipier chez Alfa Romeo. Il doit se contenter de la place de vice-champion à seulement trois points derrière Farina.

  La saison suivante, sur une Tipo 159 (Alfa), Fangio semble bien déterminer à prendre sa revanche en gagnant le premier GP de la saison en Suisse sous la pluie, puis récidive au GP de France sur le circuit de Reims. Mais à cette époque le pilote argentin voit la montée en puissance de l'écurie Ferrari, dans laquelle est engagé son compatriote José Frolian Gonzalez mais surtout Alberto Ascari. Après un abandon en Italie sa course au titre semble compromise, mais le 28 octobre 1951 lors de la première manche du championnat sur le circuit urbain de Pedralbes à Barcelonne, Ferrari commet une erreur dans le choix de ses pneumatiques et offre sur un plateau la victoire à Fangio, après sa victoire en Espagne il remporte le titre de champion du monde de Formule 1, le premier de ses cinq titres mondiaux.

  En 1952, après le retrait de plusieures écuries dont Alfa Romeo, Fangio est engagé par Maserati pour le championnat du monde au volant de la A6GCM qu'il pilotera pour la première fois le 8 juin à Monza au GP de l'Autodrome, une épreuve hors-championnat. La vieille Fangio était en Ulster pour participer à une épreuve de Formule Libre au volant d'une Formule 1 BRM V16 et prévoyait de rallier Monza en avion. Mais son appareil n'avait pas pu aller plus loin que Paris, à cause de mauvaises conditions météorologiques et Fangio à dut effectuer le trajet Paris-Monza en voiture. Après une nuit blanche il y arriva de justesse pour prendre le départ et n'avait pas pu faire les séances d'essais. Dans le deuxième tour, dans le virage de Lesmo, le pilote argentin commet une erreur de pilotage et sa voiture fait un tonneau, relevé avec de graves blessures aux cervicales, il échappe de peu à la paralysie et devra suivre de longs mois de convalescence et sera platré. Il fera son retour à la compétition en 1953, mais sera constament dominé par les Ferrari dont celle d'Ascari qui décrochera facilement le titre. Fangio devra attendre l'ultime course de la saison pour renouer avec la victoire à Monza au terme d'un dernier tour à suspens évitant de justesse la voiture en perdition d'Ascari en sortie du dernier virage avant l'arrivée.

  De 1954 à 1955, Juan Manuel Fangio sera engagé par Alfred Neubauer patron de l'écurie Mercedes ce sera l'époque des fléches argentées. Mais au tout début la marque allemande dont la voiture n'est pas encore tout à fait prête autorise le pilote argentin à commencer la saison chez Maserati pour ne pas hypothéquer ses chances au championnat. avec la Maserati 250F, Fangio remporte les deux premières manches de la saison en Argentine puis en Belgique. Il fait connaissance avec la Mercedes-Benz W196 pour le GP de Silverstone où il obtient la pole position et finira à la 4e place sur ce circuit qui ne convient pas aux caractéristiques de sa voiture. Il reprendra finalement sa marche triomphale au Nürburgring, mais la course sera marquée par la mort de son jeune compatriote Onofre Marimon tué dans une spectaculaire sortie de route durant les essais. Après deux victoires en Suisse et en Italie Fangio s'adjuge son deuxième titre mondial. Il débute la saison 1955  en position de grand favori, malgré la concurrence de Ferrari qui revient avec sa nouvelle arme la D50, toujours pilotée par Ascari. L'Argentin commence en fanfare dans ce qui reste une de ses plus fameuses victoires sous un soleil de plomb en Argentine il remporte la course .Après un abandon sur casse moteur au GP de Monaco, Fangio accepte de participer aux 24 Heures du Mans. L'équipage qu'il forme avec le britannique Stirling Moss (également son coéquipier en F1) fait figure de grand favori.

  Au fil des tours Fangio est à la lutte avec la Jaguar de Mike Hawthorn, lorsque le drame le plus sanglant du sport automobile va se dérouler. Surpris par une manoeuvre brutale de Hawthorn qui rentre aux stands, Lance Maklin fait un écart sur la piste, le pilote français Pierre Levegh sur Mercedes qui arrive derrière n'a pas le temps de l'éviter et percute l'Autin de Maklin. Sous le choc violent , la Mercedes de Levegh décolle et part en tonneaux sur le parapet qui sépare la piste du public, la voiture se désintègre projetant le capot le moteur et le train avant dans la foule. Plus de 80 personnes sont tuées. Le pilote français qui é été éjecté de la voiture durant les tonneaux gît mort en bordure du talus le crâne fracassé. Fangio qui arrivait derrière passe en trombe évitant de justesse l'Austin de Maklin qui tournoyait sur la piste. Quelques heures plus tard alors que l'équipage Fangio/Moss était en tête de la course, l'écurie Mercedes décide de retirer ses voitures. La trajédie du Mans va grandement amputée les manches dans le championnat du monde de F1, mais la compétition se poursuit néanmoins toujours dominée par Mercedes après le retrait de Lancia et la petite forme des Ferrari et Maserati.Fangio s'impose à Zandvoort, termine second en Grande-Bretagne derrière Moss sans lui constester véritablement la victoire, avant de remporter son troisième titre à Monza

  Après la décision de Mercedes de se retirer de la compétition en fin de saison 1955, Fangio décroche un contrat chez Ferrari, mais la saison 1956 s'annonce plutôt mitigée pour l'Argentin. Malgrè plusieures victoires il accumule les pannes et les ennuis mécaniques à tels point que ceux-ci empoisonnent progressivement ses relations avec Enzo Ferrari. L'ambiance s'apaise à partir du GP de Grande-Bretagne que Fangio remporte avec brio, avant de s'imposer au Nürburgring. Avec une large avance au championnat, il ne compte plus que deux adversaires, son coéquipier Peter Collins et le français Jean Breha. L'abandon de Fangio sur bris de direction est une véritable aubaine pour Collins qui n'est pourtant pas en position d'être titré, le jeune britannique va renoncer à ses maigres chances de prendre le titre et s'arrête aux stands pour partager sa voiture avec Fangio, lequel remporte donc son quatrième titre de champion du monde de F1. Mais même avec ce titre, les tensions entre l'Argentin et la direction de Ferrari se sont définitivement détérioré et les deux parties se séparent sans regrets.

  En 1957, l'Argentin retourne chez Maserati, annoncé sur le déclin depuis ses mésaventures avec Ferrari, il va pourtant se charger faire taire ses commérages en s'imposant en Argentine, à Monaco ou à Rouen où des pneux usés jusqu'à la corde vont l'obliger à la joie des spectateurs à continuer en glissade. il dira plus tard que sa monoplace était plus efficace qu'avec des pneux neufs. Après un abandon en Grande-Bretagne Fangio fait parler la poudre et va faire des étincelles le 4 août 1957 au Nürburgring. suite à un ravitaillement cafouilleux où il perd près de 45 secondes, il entreprend une remontée d'anthologie sur les pilotes Ferrari, Mike Hawthorn et Peter Collins. Prenant beaucoup de risques il remonte et bat au passage à huit reprises son propre record du tour, il parvient finalement à rejoindre les " échappés " et à les dépasser dans le 21e et avant-dernier tour. Au terme du GP d'Allemagne il signe sa 24e et dernière victoire et bien qu'il reste encore deux courses à disputer, Juan Manuel Fangio est sacré pour la cinquième fois champion du monde de Formule 1.

  Il ne prend pas part à la saison 1958, à 47 ans il décide de se retirer progressivemenr du sport mécanique de haut niveau, il dira: << J'ai réalisé toutes mes ambitions. La couronne mondiale était mon plus grand rêve. Après mes deux premiers titres, il me semblait logique d'essayer d'en décrocher un troisième. Le cinquième me persuada de passer la main.>>. Fangio participa encore à quelques courses , mais pas dans le but de battre des records ou de faire la chasse au titre. Au cours d'une de ces courses à Reims, il est retardé par un problème d'embrayage il doit se contenter d'une modeste quatrième place. Par respect envers le plus grand pilote de son temps, le vainqueur de la course, Mike Hawthorn, refuse de lui infliger un tour de retard en fin d'épreuve. Interrogé par des journalistes sur son attitude, Hawthorn déclara simplement: << On ne prend pas un tour à cet homme-là>>.

  Renté en Argentine Fangio se consacre à sa famille et ses affaires. Il restera jusqu'à sa mort un observateur avisé sur l'évolution de la Formule 1 et noua des liens privilégiés avec le pilote Ayrton Senna jusqu'au début des années 1990.Il décède le 17 juillet 1995 à Buenos Aires d'une crise cardiaque associée à une pneumonie. A sa mort l'Argentine décrète trois jours de deuil national. Il est inhumé dans le caveau familial au cimetière de Balcarce.

  Malgré son palmarès et son talent pour le pilotage, Juan Manuel Fangio à courru toute sa vie sans avoir son permis de conduire, il ne l'a obtenu qu'en 1961 plusieurs années après sa retraite.

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Juan Manuel Fangio 1911 - 1995.

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GP de Reims 1949 avec la Maserati 48.

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1954, au GP d'Italie Ascari (Ferrari 625) et Fangio (Mercedes-Benz W196). (Cancellieri / de Agostini).

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Le Mans 1955.

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1956 Mille Miglia. (the7exclusivejournal.com)

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1956. (comomorreu.com)

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(sportskeeda.com)

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(caradisiac.com)

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(motorsportretro.com)

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1954 - 1955 les années Mercedes.

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Fangio et Alfred Neubauer directeur de l'équipe de courses Mercedes.

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(blog.hemmings.com)

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(jalopnik.com)

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(dailymail.co.uk)

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(jesaisdoncjesuis.com)

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                                          Juan Manuel Fangio en 1957.

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(redbull.com)

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                                Alfa Romeo Alfetta 158. (Photo: Lothar Spurzem ).

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                                                         Maserati A6 GCM.

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                                                               Maserati 250F.

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Juan Manuel Fangio en 1986 dans une course rétro avec la Mercedes-Benz W 196. (Photo Lothar Spurzem ).   

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Sa statue à Buenos-Aires. (Beatrice  Murch).

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(Purepeople.com)