Née le 24 juillet 1897, à Atchinson dans le Kansas, ses parents déménagent pour la Californie en 1920. Quelques mois plus tard son père lui fait assister à un meeting aérien, et pour elle c'est une révélation. Le lendemain la jeune femme à droit à un baptême de l'air de dix minutes dans un biplan au-dessus de Los-Angeles, les sensations qu'elle ressent lui forgent sa conviction, elle sera pilote. Elle obtient rapidement son brevet et dès 1922 bat le record féminin d'altitude à 14 000 pieds (4270m) qui ne tient que quelques semaines. Dans les années qui suivent elle obtient d'autres records:
- Première femme à traverser l'Atlantique en équipage. 1928
- Première femme à traverser l'Atlantique en solitaire. 1932
- Première femme à faire un vol transcontinental sans escales.
- Première femme à traverser l'océan Pacifique en solitaire de Honolulu à Oakland (Californie). 1935
- Première femme à piloter un autogire.
- Première femme à piloter de Mexico à New-York, en 14 heures et 17 minutes.
- Première femme à recevoir la Distinguished Flying Cross, ainsi que la médaille d'or de la Société Nationale Géographique.

  Entre deux records elle parcourt le continent Nord-Américain, se produisant dans des shows aériens, et sans être une fervante militante de la cause féministe, elle participait volontiers dans des actions pour promouvoir l'intégration des femmes dans différentes carrières. Sa soif de gloire et d'aventure la poussa à envisager un tour du monde en avion, mais contrairement à ceux qui l'avaient déjà réalisé, son vol ne se limiterait pas à l'hémisphère Nord qui raccourssissait le parcours, Amélia voulait suivre la ligne de l'Equateur soit un total de 46 000 km.
Pour cette aventure il lui fallait un avion fiable, son choix se porte sur le Lockheed Electra que finança l'université de Purdue. Pour ce vol la jeune femme voulait prendre un équipier chevronné, pour la navigation, elle opta pour un ancien navigateur de Pan American Pacific Clipper, Frédérick J. Noonan qui possédait une solide expérience de l'océan Pacifique, qui était la réelle difficulté du vol. Après une première tentative, en mars 1937, l'Electra qui s'était déjà rendu à Honolulu repartait pour la seconde étape par l'Ouest, mais un problème survint et Amélia fut contrainte de se poser sur le ventre, ce qui endommagea son appareil. Rapatrié en Californie pour des réparations, le voyage se voyait repoussé dans l'année.

  En juin 1937, Amélia Earhart et Fred Noonan redécollent, cette fois par l'Est, car à l'Ouest le temps avait changé. Oakland, Tucson, New Orléans et Miami boucla le continent nord américain, et les deux équipiers partirent ensuite vers la pointe Est de l'Amérique du Sud, via les Caraibes pour rejoindre l'Afrique du Sud pour Natal (empruntant la route déjà défrichée par l'Aéropostale ). Puis ce fut la traversée du continent africain de Dakar à la Somalie, la pointe de la péninsule arabique, l'Inde avant de bifurquer vers le Sud-Est asiatique et l'Indonésie avant de s'aventurer dans le sous-continent australien. Sur l'île de Java, la mousson arrêta momentanément le raid, ce temps d'attente fut nécessaire pour faire une révision complète des appareils de navigation. Puis le 27 juin, l'Electra reprit son vol en direction de l'Australie, et lorsqu'ils arrivèrent à Lae en Nouvelle-Guinée, les deux aviateurs avaient déjà couvert près de 35 000 km et il leur restait encore 11 000 de plus avant de retrouver la Californie. Un navire des Coast Guards, l'Itasca, avait été envoyé à proximité de l'île de Howland pour établir un contact radio avec l'avion. Le 2 juillet à Oheure GMT, Earhart et Noonan, s'envollèrent de nouvelle-Guinée avec 3800 litres de carburant pour tenir une vingtaine d'heures. A 7h 20, Amélia envoya sa position par radio, la situant à environt 32 kilomètres au Sud-Est des îles Nukumanu, mais personne n'entendit ou vit passer l'appareil et aucun témoignage ne vint pour dire la direction qu'avait prit l'Electra.

  A 19h30 GMT, le navire capta très clairement le message suivant: " KHAQQ à Itasca. Nous devrions être au-dessus de vous, mais nous ne vous voyons pas... Le carburant commence à baisser."
Un dernier message fut capté à 20h14 GMT où Amélia indiquait sa position, puis l'Itasca continua à émettre sur toutes les fréquences jusqu'à 21h45 GMT, heure à laquelle il fallait se rendre à l'évidence, l'Electra c'était probablement crashé dans l'océan après avoir épuisé tout son carburant. Des secours en mer furent lancés peu après le dernier message. Il restait un espoir que l'appareil à présent réservoirs vides se maintienne encore à flôts pour une période suffisament longue. Le président Roosevelt envoya 9 navires et 66 avions pour quadriller la zone présumée du crash en vain et les recherches cessèrent le 18 juillet 1937. Seul George Palmer Putman, un éditeur new-yorkais qui avait propulsé Amélia Earhart sur le devant de la scène, suite à sa traversée de l'Atlantique en équipage, et qui l'avait épousé en 1931, continua les recherches jusqu'au mois d'octobre. On ne revit jamais Amélia Earhart et Frédérick J. Noonan perdus corps et bien dans l'immensité du Pacifique.
  Suite à cette disparition tragique, une foule d'hypothèses virent le jour certaines racontent qu'Amélia aurait atterri en catastrophe sur l'ile de Nikumaroro et aurait vécu avec un pêcheur local ou que les deux aviateurs auraient été chargés de photographier les installations japonaises en constructions dans certaines îles du Pacifique et avaient été abattus par la DCA niponne. Des ossements ont été découvert en 1961 à Saipan qui ont été attribués à Amélia Earhart et Fred Noonan, en realité il s'avérra que ces restes seraient des personnes natifs de l'île.
Il faut rappeler que même si le Lockheed Electra était un avion d'exeption, ses instruments de navigation n'avaient pas atteint un niveau de fiabilité et de précision très élevé et avaient posés de nombreux problèmes au cours du raid. De plus la petite île de Howland est comme un tête d'épingle perdue dans l'immensité de l'océan. Et si les deux aviateurs s'étaient perdus, frôlant l'île sans la voir, continuant leur route et qu'à court de carburant se soient écrasés dans les flots? 73 ans plus tard la question reste toujours sans réponse.

 

                                amelia-earhart-1930

Amélia Mary Earhart 1897-1937, fut une des premières femmes pionnières de l'aviation américaine de l'entre-deux guerres.

                             Amelia

Les sensations qu'elle ressenti durant un baptème de l'air en 1920, lui ont forgé sa passion pour le pilotage.

              Vega

Amélia de retour d'un de ses nombreux périples avec un Lockheed Vega, elle en assura la promotion.

              Lockheed Electra

Le Lockheed Electra, bimoteurs ultra rapide, avec une capacité de 10 passagers, fut également utilisé par l'armée. C'est avec un avion semblable que l'aviatrice disparait en juillet 1937 au-dessus du Pacifique dans sa tentative du tour du monde.

                   Mantz,_Ae,Manning,_Noonan

De gauche à droite: Paul Mantz, Amélia Earhart, Harry Manning et Fred Noonan (navigateur qui disparu avec Amélia Earhart) à Oakland en mars 1937 devant le Lockheed Electra.

                                  AmeliaEarhart1

L'aviatrice fut très vite surnommée " Lady Lindy " par rapport à sa ressemblance avec Charles Lindberg qui avait réussi la traversée de l'Atlantique dix ans auparavant.