De 1933 à 1945, de nombreux attentats dirigés contre Adolf Hitler ont été commis, mais à chaque fois le leader du Parti à bénéficier d'une chance assez extraordinaire, soit en annulant au dernier moment une manifestation au cours de laquelle un attentat était prévu, ou quittant les lieux juste avant l'explosion, soit en n'étant que légerement blessé alors que certaines personnes se trouvant à ses côtés sont tuées. L'attentat qui reste le plus connu est certainement celui du 20 juillet 1944, organisé par une frange d'officiers et de politiques à la "tanière du loup", le QG du Führer à la Wolfsschanze en Prusse-Orientale. Ce complot se composait de deux phases étroitement imbriquées. La première visait l'assasinat d'Adolf Hitler, la seconde en la prise de pouvoir et la mise en place d'un nouveau régime en détournant de son objectif le plan d'urgence établi par les nazis " l'opération Walkyrie" qui permettait à l'armée de réprimer une insurrection.

Le groupe de conjurés comporte plusieurs personnalités militaires et politiques qui pour certains avaient déjà tenté un coup d'état en 1938, entre autre le général Ludwig Beck ou le conservateur Carl Friedrich Goerdeler. Au fil du temps ils seront rejoint par d'autres militaires opposés au régime nazi, comme le generalmajor Henning von Treskow qui entraina avec lui d'autres officiers, comme Fabian von Schlabrendorff, Rudolf-Christoph von Gersdorff ou le général Friedrich Olbricht, recruté en 1943 par le général Hans Oster, commandant des troupes de réserve de Berlin sous les ordres du général Friedrich Fromm, ce dernier mis au courant du complot adopta une attitude attentiste et ne soutien ni ne dénonce les conjurés. Il manque cependant un homme clé qui pourrait approcher Hitler, à la fin de l'été 1943, un nouveau venu, le lieutenant-colonel Claus von Stauffenberg rejoint la frange, après la défaite en Afrique du Nord où il a perdu un oeil , la main droite, l'annulaire et l'oriculaire de la main gauche, il a du mal à accepter les atrocités commises par les SS sur et derrière le front de l'Est contre les Slaves et les juifs. Il sera l'homme de la situation. 

Le 20 juillet von Stauffenberg et son aide de camp l'Oberleutnant Werner von Haeften prennent l'avion pour rejoindre le QG du Führer où une réunion doit avoir lieu. A 11h30, il participe pendant trois quart d'heure à une réunion de préparation dirigée par le maréchal Wilhelm Keitel, à la fin de celle-ci von Stauffenberg demande à se rafraichir et changer de chemise compte tenu de la chaleur. Il retrouve son aide de camp dans les toilettes et en raison de son handicap il ne peut amorcer qu'une charge exposive sur les deux que contient sa malette, de plus il est interrompu par l'arrivée de l'aide de camp de Keitel qui l'averti que le général Erich Fellgiebel le demande au téléphone. Cet officier est le responsable des communications du commandement suprême de la Werhrmacht et il est chargé d'empécher toutes les communications vers l'extérieur après l'attentat. Stauffenberg rejoint la salle de réunion où se trouve vingt-quatres personnes en raison de sa surdité partielle, il demande à se trouver près du Führer et place sa malette sous la table où sont posées des cartes que consulte Hitler, contre la chaise de ce dernier, puis quitte la salle pretextant un appel téléphonique urgent. Une fois sorti, Adolf Hitler se lève et se dirige devant une carte murale. A 12h45, une explosion assourdissante retenti. Von Stauffenberg et von Haeften montent dans un véhicule pour partir pour l'aérodrome, après avoir réussi à passer les postes de garde, von Haeften se débarrasse du second explosif non amorçé. 30 minutes plus tard ils sont convaincus que le Führer est mort. A Berlin les conjurés reçoivent un message plutôt vague, juste avant le décollage de l'appareil transportant les deux officiers conspirateurs, il se serait produit quelque chose de grave à la "tanière du loup", mais Hitler serait toujours en vie. En attendant des nouvelles plus précises, le général Olbricht décide de ne pas tenter le coup d'état. lorsqu'ils arrivent à l'aérodrome Tempelhoff, von Stauffenberg et von Haeften se retrouvent seuls personne ne les attend, le lieutenant Haeften téléphone aux autres conjurés pour dire que Adolf Hitler est mort dans l'explosion, cette nouvelle est confirmée par von Stauffenberg à son arrivée au QG vers 16h30. Fort de ces informations Olbricht demande à Fromm de déclencher l'opération Walkyrie, mais ce dernier refuse après avoir reçu un appel téléphonique de l'aide de camp du maréchal Keitel, lui annonçant que le Führer n'est que légèrement blessé. Le chef d'état-major de Fromm, le colonel Albrecht Mertz von Quirnhelm passe outre les ordres de son supérieur et déclenche l'action en envoyant un message aux commandants militaires régionaux, commençant par ces mots: << le Führer, Adolf Hitler est mort >>. Au fil des heures qui suivent les principaux conjurés arrivent au Bendlerblock de Berlin. Ludwig Beck et Olbricht y sont rejoints par d'autres acteurs importants du complot, vers 16h30 Erich Hoepner vient en civil, son uniforme dans sa valise, puis vers 20h c'est au tour du général Erwin von Witzleben qui d'emblée déclare: << Quel beau gachis >>. A Paris le général von Stülpnagel, commandant de la France occupée,  fait procéder à l'arrestation d'un millier d'officiers de la SS, dont karl Oberg et Helmut Knochen.

  La bombe de von Stauffenberg à bien fonctionné, sur les vingt quatre personnes présentent dans la salle seules quatres ont été tuées, mais Adolf Hitler ne doit sa survie à l'épaisseur des pieds de la table, mais également du fait que la malette déposée sous la table avait été déplacée du pied par un des officiers qu'elle génait. Toutes les communications avec Wolfsschanze n'ont pas été coupées, comme le prévoyait le plan et lorsque Adolf Hitler entre en liaison avec le général Otto-Ernst Remer, celui-ci retourne ses  forces contre les conjurés avec l'aide des adjoints de Olbricht qui n'avaient pas été mis dans la confidence. Une fusillade s'en suit au QG de l'armée à Berlin, durant laquelle Stauffenberg est bléssé. Apprenant que Hitler est en vie, le feldmaréchal von Kluge annule les ordres de von Sülpnagel et fait libérer tous les officiers SS arrêtés. Conscient qu'il pourrait être inquiété par sa complicité passive à la préparation du complot, Fromm va tout mettre en oeuvre pour éliminer les témoins génants. Parmi les comploteurs arrêtés figurent Ludwig Beck autorisé à se suicider en raison de son rang, après deux tentatives infructueuses il est finalement achevé sur ordre de Fromm. Les autres prisonniers dont von Stauffenberg, Olbricht, von Haeften et von Quirnhelm après un procès expéditif sont conduits dans la cour du Bendlerblock pour y être passer par les armes. les corps seront entérrés dans un cimetière sans aucune pierre tombale, plus tard éxuhumés ils seront brûlés et les cendres  éparpillées par des SS. Le directeur de la police du Parti nazi, Ernest Kaltenbrunner, accompagné d'Otto-Ernst Remer arrivent au Bendelblock pour en prendre le contrôle recevant également l'aide du SS-Obersturmbanführer Otto Skorzeny. Himmler et la Gestapo font stopper les éxécutions sommaires pour lancer une vaste opération d'arrestations, alors qu'Adolf Hitler était persuadé que ce complot avait été conduit par un nombre infime d'officiers réactionnaires. Les arrestations et les interrogatoires se multiplient, au final se sera plus de cinq mille personnes militaires et politiques qui seront arrêté par Himmler, la Gestapo aura recours aux totures pour faire parler les prisonniers.

  Jusqu'en 1945, toutes les personnes qui sont reconnues comme des opposants au régime seront traquées et beaucoup d'officiers allemands vont devoir répondre d'actes de haute trahison. Le lendemain de l'attentat manqué le général von Treskow se suicide devant les lignes ennemies avec une grenade, le feldmaréchal von Kluge arrêté en août 1944 utilisera une capsule de cyanure pour en finir, durant le tajet qui le ramenait en Allemagne, Erwin Rommel fera de même. Sur les ordres du Führer, les militaires impliqués seront chassés de l'armée par une cour martiale, une fois redevenus civils ils pourront être jugés devant le tribunal du peuple présidé par le chien de garde du Reich, le juriste nazi Roland Freisler. Les premiers procès concernant huit inculpés débutent le 7 août 1944 et d'autres vont suivre jusqu'en 1945. Tous les condamnés à mort seront conduits à la prison de Plötzensée dans une dépendance pour y être pendus à des crochets de boucherie par une corde fine pour que la mort par asphyxie soit lente. Ces éxécutions seront filmées et Adolf Hitler en voyant ces films se délectera de ce spectacle morbide. De son côté Heinrich Himmler déclara que: << quiconque était impliqué dans un crime si odieux contre l'Allemagne avait necessairement du sang impur >> et que châtier les familles des condamnés était une vieille tradition germanique.

  Devant la catastrophe militaire annoncée- les Alliés sont à Rome et en Normandie, les Soviétiques devant Varsovie- certains cadres de l'armée jusque dans leur appréciartion de la situation militaire espéraient éviter une défaite totale en écartant les nazis du pouvoir et en négociatiant avec les Alliés. Avec l'échec du coup-d'état, la défaite de l'Allemagne sera totale sans espoir de paix sépareé avec les Alliés.

                                   800PX-~1 

Après l'attentat manqué du 20 juillet, Adolf Hiler montre à son ami, le dictateur italien Bénito Mussolini la salle où l'explosion s'est produite. (Bundesarchiv).

                                                01

L'homme clé du 20 juillet, le lieutenant-colonel Claus von Stauffenberg, c'est lui qui plaça la malette d'explosifs sous la table de la salle des opérations du QG d'Adolf Hitler. Arrêté quelques heures après l'attentat, il est fusillé peu après dans la cour du Bendlerblock à Berlin. Stauffenberg avait réussi à mettre sa famille à l'abri peu avant le 20 juillet pour les protéger en cas d'échec. (Bundesarchiv).

                                               300x467

L'acteur Tom Cruise en 2008, dans le film Walkyrie qui retrace l'attentat du 20 juillet. Il joue le rôle du lieutenant-colonel Claus von Stauffenberg.

                                   423px-Bundesarchiv_Bild_146III-347,_Werner_Karl_v__Haeften

Le lieutenant Werner von Haeften, aide de camp de Claus von Stauffenberg, il aida son chef dans la préparation de l'attentat. Arrêté en même temps que lui, il fait partie des premiers comploteurs à être éxécuté, quelques heures après avoir été jugé par Fromm. (Bundesarchiv).

                            Attentat_200744

                                                        Plan de la scène de l'explosion.

                                    411px-Bundesarchiv_Bild-Beck

Général Ludwig Beck, un des acteurs principaux du complot. Après la mise en place d'un nouveau régime il était prévu qu'il occupe la fonction de président du Reich. Suite à l'échec du coup d'état il tente de se suicider à deux reprises dans la soirée du 20 juillet, grièvement blessé il est achevé par un autre officier. (Bundesarchiv).

                                   408px-Bundesarchiv_Bild_Tresckow

Généralmajor Henning von Treskow, opposant du nazisme depuis 1941, se savant recherhé il se suicide le 21 juillet en Pologne devant les lignes ennmies en utilisant une grenade. (Bundesarchiv).

                                   366px-Bundesarchiv_Bild_146-1971-068-10,_Erich_Hoepner

Le généraloberst Erich Hoepner, il fut un des premiers officiers à être opposé à l'accesion d'Adolf Hitler au pouvoir. A plusieurs reprises il participe à des complots contre le laeder nazi, à chaque fois son rôle n'est pas découvert. Après l'échec du coup d'Etat, son nom ressort lors de l'enquête de la Gestapo, arrêté et torturé il est traduit devant le tribunal du peuple le 7 août 1944. Condamné à mort il est pendu à la prison de Plötzensée le lendemain. (Bundesarchiv).

                                   372px-Bundesarchiv_Bild_146-1978-043-13,_Erwin_v__Witzleben

Le feldmaréchal Erwin von Witzleben, devait occuper le commandement des forces armées dans le gouvernement provisoire. Jugé devant le tribunal du peuple il est condamné à mort et pendu le 8 août 1944 à la prison de Plötzensée. (Bundesarchiv).

                             456-Olbricht

Le général Friedrich Olbricht, il est arrêté avec Stauffenberg, traduit devant une cour martiale rapidement constituée dans la nuit du 20 au 21 juillet par le général Fromm, il est fusillé quelques heures après avec les premiers conspirateurs dans la cour du Bendlerblock à Berlin. (Bundesarchiv).

                           416px-Bundesarchiv_Bild_Rudolf-Christoph_v__Gersdorff

Rudolf-Christoph von Gersdorff (1905-1980) officier de la Wehrmacht, il avait déja tenté d'assasiner Hitler en 1943 en portant sur lui une ceinture piègée, mais cette tentative avait avorté. C'est lui qui procure les explosifs aux conjurés du 20 juillet. Bien qu'impliqué dans le complot son nom ne fut jamais prononcé par ses camarades et échappa à l'arrestation. Avec le major von Boeslager il fait partie des rares conjurés à avoir échappé aux arrestations de la Gestapo. Un autre comploteur Fabian von Schlabrendorff réussi à avoir la vie sauve, quand il s'échappa du tribunal au cours d'un bombardement allié. Gersdorff est capturé par les Américains en 1945 il fut maintenu en captivité jusqu'en 1947.

                          Budesarchiv h-fromm

Général Friedrich Fromm, il savait que le lieutenant-colonel Stauffenberg et d'autres officiers servant sous ses ordres planifiaient un attentat contre Hitler, mais reste silencieux Dans la soirée du 20 juillet il fait traduire les principaux officiers conjurés devant une cour martiale rapidement constituée, à l'issue de laquelle ils seront éxécutés dans la cour du Bendlerblocck à Berlin. Cependant son attitude ambigue éveille les soupçons de la Gestapo pendant l'enquête. Reconnu coupable de lâcheté et mauvais exercice de ses fonctions, il est condamné à mort par pendaison. Hitler jugeant la sentence indigne d'un officier ordonnera qu'il soit passé par les armes. Le 12 mars il est fusillé à Brandbourg-la-Havel. (Bundesarchiv).

                            426px-Bundesarchiv-Bild

Otto-Ernst Remer, (1912-1997) après la tentative manqué contre le Führer il retourne ses forces contre les conjurés. (Bundesarchiv).

                              800px

Le Bendlerblock de Berlin, il abrita le siège de commandement de la Reichwehr du temps de la République de Weimar. Aujourd'hui il sert de bureau secondaire du Ministère fédéral de la Défense. Cest dans cette cour que les premiers conjurés ont été fusillés le 21 juillet 1944. (Adam Carr).

                              Gedenkstaette_Ploetzensee01

la salle de la prison de Plötzensée à Berlin. C'est ici qu'à partir de août 1944, un certains nombres de conspirateurs seront pendus. Les nazis utiliseront des cordes fines pour que la mort des suppliciés soit lente.