A la fin des années 1950, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l'URSS voulaient se doter d'un avion civil de transport supersonique. Les premiers à réaliser le projet, sont les Russes avec le TU-144 de la firme Tupolev. Il effectue son premier vol en 1968. Au début des années 1960, les études françaises de Sud-Aviation (future Aérospatiale) et britanniques de la British Aircraft Corporation, qui deviendra la British Aerospace par la suite, sont déjà bien avancées, mais devant les coûts énormes de développement, les Etats-Unis amènent à faire collaborer les deux entreprises. Le traité de coopération est signé le 29 novembre 1963, après une année entière de discussions. Français et Britanniques se partageront les coûts de l'avion, alors que Bristol Aero Engines et la Snecma font de même pour la conception du turboréacteur, dérivé du Bristol Olympus. Le 13 janvier 1963, le président Charles de Gaulle suggère que l'appareil soit baptisé "Concorde" et une maquette grandeur nature du "Concord" sans "e" est présentée, une polémique s'en suit sur le nom de l'avion. Suite aux élections générales britanniques de 1964, remportées par le parti travailliste, la Grande-Bretagne se retire du projet, avant de revenir sur sa décision deux mois plus tard. En l'abscence d'études de marché, un consortiom à estimé un montant de commandes de plus de cent appareils, passé par les principales compagnies de l'époque.

  En avril 1966, à Toulouse débute l'assemblage du premier prototype "Concorde 001". il sort des hangars le 11 décembre 1967, sous l'immatruculation F-WTSS, "TSS" signifiant transport supersonique. A cette occasion le ministre britannique de la technologique Tony Benn met fin à la polémique en annonçant  <<  le "Concord" britannique s'écrira avec un "e", car cette lettre signifie aussi Excellence, England, Europe et Entente >>. Un deuxième prototype imatriculé G-BSST est achevé le 19 septembre suivant. Le 2 mars 1969, le "Concorde 001" effectue son premier vol d'essai au-dessus de Toulouse. Son équipage est composé par André Turcat aux commandes, secondé par Jacques Guignard, Henri Perrier et Michel Retif pour un vol de 29 minutes.Il sera rejoint par le "Concorde 002" qui vole pour la première fois le 9 avril. Le 1er octobre "Concorde" effectue son premier passage supersonique durant son 45e vol avec Jean Pinet aux commandes. Le 4 novembre 1970, pendant son 102e vol "Concorde" atteint la vitesse de Mach 2, qu'il maintient pendant 53 minutes. Deux appareils de péproductions sont fabriqués pour les essais. Le premier avec le n°101 construit à Filton, il possède plusieurs modifications par rapport aux prototypes, notamment une voilure plus grande, un fuselage rallongé et une verrière sur le nez à la place des hublots.

  Le 16 mars 1973, le "Concorde 001" établit un record, avec une altitude de 68 000 pieds. Le record de vitesse est établit le 26 mars 1974 par le même prototype en atteignant Mach 2,23. Après les essais les démonstrations commerciales débutent. Le 5 avril 1972, la British Airways, qui deviendra le principal client du "Concorde"commande cinq appareils. Le 2 juin 1972 le prototype 002 effectue des vols de démonstrations au Moyen-Orient et Extrème Orient, qui sachevèrent par la commande de 74 appareils ou options enregistées par seize compagnies, dont huit nord-américaines. Cependant à partir de 1973, la plupart des commandes sont annulées, causées par différents facteurs. Parmi ceux-ci ont retrouve le premier choc pétrolier, les difficultés financières des compagnies aériennes, l'abscence de soutient du projet en Amérique du Nord et le crash au Salon du Bourget du TU-144 soviétique, principal rival du Concorde, en juin 1973. Mais également les problèmes environnementaux comme le bruit du passage supersonique. Au final seuls Air France et British Airways seront acquéreurs de l'avion. Il recoit son certificat de naviguabilité le 10 octobre 1975.

  Cet appareil était en avance sur son temps, le "Concorde" possédait beaucoups d'inovations et technologies nouvelles pour l'époque que l'on retrouve sur les avions de lignes actuels. Il est un des premiers à adopter des commandes de vol entièrement électriques et analogiques. Pour son freinage, le "Concorde" utilise le SPAD, un système anti-dérapant qui réduit les distances d'arrêt de 15% sur sol sec et améliore la sécutité sur une surface mouillée. Ce système sera repris par Airbus et sur les avions militaires à partir du Mirage F1. Le système SPAD contrôlé électriquement remplace les commandes classiques hydro - mécaniques plus lourdes et complexes à installer. Les roues sont équipées de disques en carbone ventilé, permettant un gain de masse de 500kg par rapport aux disques en acier et une meilleure tenue à l'échauffement. L'entretient d'un "Concorde" necessite un temps de 18 à 20 heures par heure de vol, comparé à 2 heures pour un avion classique. Il fallu totalement repenser les métiers des électriciens et mécaniciens pour entretenir l'avion: l'électronique faisait son entrée dans tous les circuits en commande et surveillance. Son nez possède trois positions: incliné de 5° vers le bas pour le décollage et la montée initiale, position horizontale visière remontée pour le vol en croisière afin d'avoir un aérodynamisme optimal, à l'atterrissage, le nez est incliné de 12,5° vers le bas, pour offrir plus de visibilité au pilote.

  Pendant son existence le "Concorde" à transporté plusieurs grands personnages, comme les présidents de la République française, Georges Pompidoux ou François Mitterand, mais aussi la reine Elizabeth II d'Angleterre et le pape Jean-Paul II. Pour Air France il avait une ligne régulière entre Paris et New-York et un de la British Airways de 1977 à 1980 sera également utilisé par la compagnie Singapore Airline pour des vols entre Bahreïn et l'aéroport internationnal de Changri. Des dizaines de cas d'éclatement de pneumatiques sont survenus depuis sa mise en service et dans plusieurs cas des perforations d'un réservoir ou d'une aile, notamment à Washington et Dakar en 1979. L'appareil n'a connu aucune avaries majeures entrainant des pertes humaines, avant le 25 juillet 2000, date à laquelle un "Concorde" transportant cent passagers (96 Allemands, 1 Autrichien, 2 Danois et 1 Américain) et neuf membres d'équipage français à destination de New-York, s'écrase une minute et vingt huit secondes après son décollage de Roissy sur un hôtel à Gonesse, qui fit également 4 morts au sol. Cette catastrophe entrainera l'arrêt des vols "Concorde" pendant 10 mois. Pendant ce temps l'appareil recevra des modifications, notamment les contrôles électriques ont été améliorés et des protections anti-crevaison en kevlar sont appliqués aux reservoirs.

  Retiré du service en 2003, les deux derniers "Concorde" pour le compte d'Air France le Sierra Delta qui part de New-York et le Fox-Bravo qui doit effectuer un vol supersonique au-dessus du golfe de Gascogne et une boucle au-dessus de l'Atlantique atterrissent à 1 heure 30 d'intervalle à Roissy Charles de Gaulle. De nombreux véhicules (engins de pistes, voitures de gendarmerie et pompiers) escortent les deux avions après leurs atterrissages respectifs. Les deux "Concorde" parcourent longuement les taxiways de Roissy, puis feront une halte devant le siège d'Air France, où de nombreuses personnes étaient venues assister aux deux dernier atterrissages du "Concorde". Tous les avions français vont rejoindre différents musées de l'hexagone ou internationnaux: le F-BVFF sera exposé à Roissy, le F-BVFC rejoint le musée Aeroscopia de Toulouse, le F-BTSD au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget, le F-BVFA ira dans la collection du Smithsionan Museum de Washington et le F-BVFD quitte Paris pour Karlsruhe-Baden en Allemagne.

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Le "Concorde" en vol. (concordesst.com)

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A l'atterrissage le nez s'abaisse de 12,5° vers le bas. (aviation-news co.uk)

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André Turcat qui réalisa le premier vol d'essai du concorde. (lejdd.fr)

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Vue d'ensemble du poste de pilotage.. (Christian Kath)

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Le Tupolev 144 soviétique à l'atterrissage avec ses plans canards sortis. Cet appareil effectue son premier vol en 1969. Sa conception est due au moins partiellement à l'espionnage industrielle au profit du GRU des usines Sud-Aviation. Lorsque Sergei Pavlov (officiellement directeur du bureau parisien d'Aéroflot) est arrêté en 1965, il était en possession des plans détaillées des freins, de la cellule et le train d'atterrissage du Concorde. Mais entre le premier prototype (une simple copie de l'appareil franco-britannique) et les appareils de productions, il y eut d'énormes modifications. Le 3 juin 1973 le TU-144, participe pour son deuxième jour au Salon du Bourget. Alors qu'il effectue sa démonstration, quelques minutes après le décollage il s'écrase en flammes sur un quartier de Goussainville, tuant les six personne de l'équipage et huit au sol. (tupolev.ru)

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Un appareil de la Singapore Airline / British Airways photographié à l'aréoport d' Heathrow dans les années 1980. (Source photo: Steve Fitzgerald)

 

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Un Concorde de British Airways escorté par les Red Arrows lors du jubilé de la reine Elzabeth II en 2002. (OXO)

 

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Le F-BVFF exposé à l'aéroport de Roissy. (Remi Jouhan)

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Le 25 juillet 2000 le Concorde du vol Air France 4590  au départ de Roissy Charles de Gaulle à destination de New-York, s'écrase sur un hôtel de Gonesse, 1 munute 28 après son décollage. L'accident à fait 113 morts, dont 4 dans les occupants de l'établissement. (quoi.info)