En 1937 pour répondre à une demande des militaires, le constructeur Renault créé le camion AGR, ce petit camion de 3,5 tonnes de charge utile est trés apprécié par l'armée qui en achète plusieurs milliers. En 1939, alors que l'Europe entre en guerre, sentant l'affrontement inéluctable, l'armée française cherche de nouveaux véhicules. Bien que la firme Citroën parvient à remporter une part du marché avec son U23, Renault suit de près en fournissant encore ses AGR.

  Mais le constructeur de Boulogne-Billancourt est déjà passé à autre chose, il développe un camion à usage militaire, qui se veut simple à produire et bon marché. Le premier prototype appelé AHR est présenté en février 1940. Sa conception est simple, avec une cabine plate semi-avancée, sans capot saillant, inclinée sur l'avant et une charge utile de 4 tonnes. Le AHN est homologué par les Mines en février 1941. Mais la France est envahie, avant que ne soit lancée la production, elle ne se fera au seul profit de la Wehrmacht dès le mois suivant. Dénommé Renault AHN1 équipé d'un moteur de six cylindres développant 75 ch ce qui permet une vitesse de pointe de 59 km/h. Sa charge utile est abaissée à 3,5 tonnes. Le régime de Vichy se porte également acquéreur et passe commandes afin de renouveller sa flotte de poids-lourds en grande partie réquisitionnée par les Allemands.

  Une version gazogène est mise au point en mai 1941, pour le véhicule renommé AHNH1, fabriquée jusqu'en décembre 1942, elle ne fut produite qu'à seulement 271 exemplaires. Cette version civile permettait de rouler, malgrè la pénurie d'essence. Destinée uniquement au marché civil, les militaires eux avaient accès au carburant, cette version ne connut aucun débouché, de plus durant l'occupation les déplacements étaient quasiment interdits. La série des premiers AHN1 est produite jusqu'en juillet 1944, elle se distinguait avec ses phares encastrés dans la face avant. A partir de cette époque la production restera faible, notamment après les bombardements alliés des sites d'assemblages de Boulogne-Billancourt et du sabotage de certains ouvriers qui déposaient du sable dans les carters moteurs. la production est relancée en novembre 1944 quand l'usine de Billancourt est libérée par les Alliés. On lance alors le AHN2 modèles quasiment identiques aux AHN1 avec très peu de modifications destinée pour l'effort de guerre français, dont les derniers exemplaires seront écoulés sur le marché civil. La production se poursuit de novembre 1944 à juin 1946 avec un total de 8 400 unités. Le Renault AHN connaît une dernière évolution en juin 1946, avec le AHN3 qui se différencie des modèles antérieurs avec un plateau à ridelles abaissés de 22 cm une diminution de sa longueur de 12 cm et le rallongement de 12 cm de sa largeur. Ecoulé sur le marché civil il fut produit jusqu'en janvier 1947, et remplacé la même année par le Renault Galion.

 

 

 

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AHR Prototype de 1939 servit de base pour l'élaboration du AHN. (wheelsage.org)

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Renault AHN.  (materielsterrestres3945.fr)

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Publicité. (lautomobileancienne.com)

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Une colonne de AHN d'une division de la Waffen SS.. (bundesarchiv)

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Sur le front de l'Est en 1941. (bundesarchiv)

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Renault AHNH1 au gazogène. (lautomobileancienne.com)

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(bundesarchiv)

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Renault AHN détruit durant la bataille de Normandie en 1944. (bundesarchiv)

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AHN2 (pinterest.fr)

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Vue d'artiste du AHN3. (george karavokyris / flickr.com) 

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AHN bâché de 1946. (jacques02130.skyrock.com)