Cette bataille entre l'armée royale de Philippe VI de Valois, et une force militaire venue d'Angleterre pour piller les territoires proches de la Manche, va se solder par une lourde défaite des Français et de ses alliés. Ce sera l'événement qui marquera le début de la guerre de Cent Ans. En octobre 1337, le monarque anglais, Edouard III, petit-fils de Philippe le Bel, lance publiquement un défit à son cousin le roi Philippe VI de Valois, dont il conteste la légitimité, et revendique son trône. Il éxige également la pleine souveraineté de la Guyenne. Edouard III d'Angleterre procède à sa premiere campagne  en 1339 et s'attire le soutient des villes flammandes, grosses clientes des produits lainiers britanniques. En 1340 il prend le titre de "roi d'Angleterre et de France" puis engage sa seconde campagne sur terre et mer, qui s'achèvera par la défaite de la marine française lors la bataille navale de l'Ecluse. La troisième expédition va se dérouler en 1346 ayant pour but initial, la prise de Paris.

  Pourtant Edouard III ne sait pas encore ou faire débarquer ses troupes, il n'attendra pas longtemps pour arrêter son choix. Son cousin va lui faciliter la tâche en condamnant à l'éxil un grand seigneur normand, Geoffroy d'Harcourt sire de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qui va se réfugier à la cour d'Angleterre, offrant au monarque le libre accès au Cotentin. Le 12 juillet il débarque avec 40 000 soldats à Saint-Vaast-la-Hougue et s'empare de la Normandie. Terrorisés par l'envahisseur anglais les Normands ouvrent leurs villes trop faiblement défendues. Les Britanniques se livrent au sacage et au pillage de la presqu'ïle, avant d'assièger Caen. Le butin de ces méfaits est embarqué à Ouistreham sur des navires qui repartent en Angleterre. Edouard III fait mouvement vers le nord pour rejoindre ses alliés flammands. Il tente de franchir la Seine à Rouen qui lui refuse le passage, il décide de se retirer sans incidents à Poissy, où un pont est installé . La seine est franchie le 15 août. De son côté Philippe de Valois rassemble à Saint-Denis une armée de plus en plus importante. Après un périple et le franchissement de la Somme, l'armée anglaise s'installe sur les hauteurs du plateau de Crecy-en-Ponthieu, Edouard III envoie ses barons en reconnaissance. Le matin du 26 il décide que c'est le bon endroit pur attendre les troupes françaises, malgrè leur infériorité numérique.

  Vers 15 heures le 26 août, sous un orage qui vient d'éclater, l'armée française débouche de la route d'Abbeville en grand désordre. Mais les soldats surexités par l'approche sont impatients d'en découdre et se ruent sur les hauteurs, où stationnent les Anglais prudents. Le roi Philippe VI n'arrive pas à faire régner l'ordre, malgrè de vaines tentatives. Les hommes à l'arrêt son entrainés inexorablement par les autres, dans une folie générale, le monarque lui-même contaminé par cette poussée d'adrénaline, finit par dégainer son épée en hurlant: << je vois mon ennemi et par mon âme, je veux le combattre >>. Il envoie ses arbalétriers génois entamer le combat, mais les cordres en cheveux ont soufferts de la pluie et deviennent moins raides et précises, contrairement à celles traditionnelles en chanvre des archers gallois durcies par la l'humidité. Les génois épuisés par leur marche et le poids de leur armes, ne peuvent que lancer des salves faibles et imprécises, alors que les archers ennemis peuvent détendre leurs arcs. Ils tirent à une cadence de 4 coups par minute, causant des ravages dans les rangs des arbalétriers qui finissent par reculer et s'enfuir. Le monarque français croyant à une trahison, ordonne aux chevaliers de poursuivre les fuyards pour les tuer. Celà accompli ils se retournent contre les lignes anglaises arrivant au grand galop, mais leurs pertes augmentent face à la grèle des flèches galloises, les plus proches s'empalent aussi sur les pieux accérés placés la veille.

  La suite pour les Français n'est qu'une succession de charges vaines et meurtrières, sans cohérences ni commandement d'ensemble. Les combats se poursuivent jusque tard dans la nuit, une quinzaines de charges des chevaliers français sont brisées par les 6 000 archers gallois qui font pleuvoir une pluie de flèches. Peu après le lever du jour un assaut français plus organisé par le duc d'Alençon, frère du roi Philippe VI parvient jusqu'aux lignes d'archers qui au corps à corps face à des chevaliers lancés au grand galop sont forcés de reculer en désordre. un terrible massacre s'en suit sur les fuyards. Mais lorsqu'ils arrivent sur les lignes constituées par des hommes d'armes et des chevaliers anglais, le combat se termine par un carnage pour les Français bien souvent privées des leurs chevaux criblées de flèches, les chevaliers à présent à pied se font massacrer . Parmi les morts figure l'imprudent duc d'Alençon. Sur le champ de bataille, les actes de vain héroïsme vont se succèder comme celui de Jean 1er de Luxembourg, aveugle depuis son enfance et qui charge entourés de ses gens lié à la bride de son cheval. Avant midi, il semble que sous les conseils du comte de Hainaut, le roi de France blessé au visage se retitre du champs de bataille. Avec une petite escorte il se rend au château de Labroye pour demander asile à quelques lieues plus au nord. La scène est restée célèbre, le roi blessé effaré par cette catastrophe qu'il n'avait pas prévu appelle: << Ouvrez c'est l'infortuné Roi de France ! >>.

  Le bilan des pertes est considérable, mais le décompte dressé à l'époque à sans doute été éxagéré. Les combats ont débuté vers 17 heures et les Anglais n'ont pas poursuivis les Français. Un décompte plus réaliste donne environ pour l'armée royale de Philippe VI environ 4 000 morts: 1 452 chevaliers et 2 300 Génois, cependant le nombre des fantassins tués n'a jamais été établi. L'armée d'Edouard III à subie des pertes très faibles de 100 à 300 morts La grande noblesse française ou alliée du grand Royaume est très fragilisée par cette défaite. On compte parmis les morts de ce jour:  * Le Roi de Bohême.  * Le duc de Tourraine.  * Le duc d'Alençon.  * Les ducs de Flandres, de Nevers, de Blois, d'Harcourt, d'Aumale, de Bar et de Sancerre (avec les fils du comte d'Harcourt).  * Le seigneur de Thouars.  * L'archevêque de Nîmes et de Sens.  * Le grand prieur de l'hôpital de Saint-Jean.  * Six comtes d'Allemagne etc... Victorieux les Anglais, vont poursuivre leur route jusqu'à Calais qu'ils vont assièger pendant un an. Philippe VI incapable de secourir Calais, va céder le 4 août 1347, six bourgeois qui offriront solennellement à Edouard III les cléfs de leur cité.

 

640px-King_Edward_III_from_NPG

Edouard III d'Angleterre (1312-1377) portrait non contemporain. (National Portait Gallery NPG 4980(7)

philippevalois

Philippe VI de Valois roi de France (1293-1350). (Source xtofska.free.fr)

Edward_III_Crossing_the_Somme

Tableau du XVIIe siècle montrant le roi Edouard III franchissant la Somme. (Benjamin West)

Battle_of_crecy_froissart

Tableau de Jean Froissart représentant la bataille. (Blibihotèque nationale de France)

Morte_Giovanni_I_di_Lussemburgo

Mort du roi aveugle de Bohême Jean 1er du Luxembourg à Crecy. (Dessin du XIXe siecle. G. Delori)

Flandry1

Louis 1er de Flandre mort au combat durant la bataille. (Edmond de Busscher)

Bataille_de_Crécy_26_août_1346

Plan de la bataille: The Department of History United States Military Academy . (Verbex)

547px-Pictures_of_English_History_Plate_XXX_-_The_Black_Prince_at_Crecy

Le roi Edouard III remerciant son fils, le Prince noir, pour sa conduite courageuse dans la bataille. (Joseph Martin Kronheim)