Elaboré vers la fin des années 1960, par Dassault , l'appareil est destiné à remplacer l'Etendard IV et le Vought F-8 Crusader, avions embarqués de la Marine nationale. Pendant un premier temps, le choix se porte sur une version navalisée du Jaguar, chasseur de conception franco-britannique, mais le projet fut abandonné en 1973. L'achat d'avions américains comme le Douglas A-4 Skyhawk ou le Vought A-7 Corsair II, est alors envisagé, mais le gouvernement impose son choix, optant pour le Super-Etendard proposé par Dassault.

  Pour son projet le constructeur français utilise un Etendard IV , muni d'un réacteur Atar 850 de nouvelle génération, d'une avionique entièrement modifiée, comprenant entres autres un nouveau radar Agave necessitant une modification du nez et une nouvelle voilure avec une amélioration des dispositifs hypersustentateurs. Trois prototypes sont réalisés, le premier effectue son premier vol le 28 octobre 1974,  le second qui doit tester le système d'armes vole pour la première fois le 28 mars 1975, quant au dernier il est utilisé uniquement à tester la nouvelle voilure. Son radar Agave est une technologie réalisée en collabaration entre Thompson-CSF et Electronique Marcel Dassault, il est notamment une adaptation du Cyrano IV équipant le Mirage F-1 avec des capacités air-air limités, mais très optimisé pour le mode air-mer, permettant la détection des grosses frégates de l'époque à plus de 100 km, afin d'en faire une excellente plateforme de lancement du missile anti-navire AM-39 Exocet, dont le développement se fait en parallèle. Le premier exemplaire de série du Super Etendard est officiellement livré à la Marine nationale le 28 juin 1978. Depuis le 1er juin 1989 les Super Etendard M (ou SEM pour Super Etendard modernisés) français sont opérationels à partir des porte-avions Foch et Clemenceau pour le bombardement nucléaire, avec le missile ASMP dont la capacité de frappe est estimé à vingt fois plus puissante que la bombe atomique d'Hiroshima. En 1986, l'appareil reçoit le nouveau radar Anémone et mise à niveau de l'électronique de bord, accompagnée d'une modernisation du poste de pilotage.

  Les premières conditions d'utilisations offensives des Super Etendard se sont déroulées au-dessus du Liban durant l'opération "Olifant" au début des années 1980. Le 22 septembre 1983, ils attaquent avec succès des batteries d'artillerie syriennes qui avaient tiré sur les positions du contingeant français et le 17 novembre suivant , lors de l'opération "Brochet" ils réalisent un raid contre un camp terroriste près de Baalbeck en représailles de l'attentat du 23 octobre 1983 contre le batiment du Drakkar à Beyrouth. Durant les décenies suivantes les Super Etendard ont aussi participés à des frappes aériennes dans le cadre de la guerre en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo, en Afghanistan et dernièrement contre les positions de DAESH. La France n'est pas la seule à utiliser le Super Etendard, ainsi un petit nombre furent loués à L'irak pendant son conflit contre l'Iran au cours des années 1980.

  Autre pays utilisateur l'Argentine qui en commande 14 à partir de 1979 pour équiper son aéronavale, au déclenchement de la guerre des Malouines en 1982, cinq exemplaires avaient déjà été livrés. Les 9 autres restant seront bloqués par l'embargo et expédiés après le conflit. Le 4 mai 1982, un avion de reconnaissance argentin feignant des recherches de rescapés du naufrage du croiseur General Belgrano, coulé deux jours auparavant par la Royal Navy britannique, signal un contact radar. Aussitôt deux Super Etendard décollent de leur base terrestre de Rio Grande (Terre de Feu) armés chacuns d'un missile Exocet. après un ravitaillement en vol, les deux chasseurs effectuent des recherches aux positions émisent par l'appareil de reconnaissance. La première position relevée est vide, entrant les coordonnées de la seconde, les pilotes volent au ras des flots pour échapper à la detection radar, le leader de la formation, le capitaine Bedacarratz apercoit bientôt deux echos sur son écran, provenant de navires de surface.  Il vient de trouver la position du porte-avions anglais HMS Hermès et du destroyer lance-missile HMS Sheffield. Bien que l'Hermès détecte la trace des deux Super Etendard arrivant à grande vitesse, le Sheffield ne voit rien venir son radar étant éteint. Lorsque les marins du destroyers réalisent qu'ils sont en danger, il est trop tard, deux missiles Exocet foncent sur eux. L'un deux percute le flanc du navire, mais n'explose pas, cependant le moteur fusée du projectile enflamme une conduite de carburant occasionnant un incendie. Le deuxième missile n'atteint pas sa cible et s'abime en mer, tandis que les deux agresseurs argentins regagnent leur base. L'attaque fait vingt morts parmi l'équipage du Sheffield, pris en remorque pour être envoyé en Géorgie du Sud pour réparation, le destroyer fini par couler le 10 mai. A leur retour les pilotes vont signaler avoir tiré deux missiles dans des conditions favorables, mais ignorent s'ils ont touché les navires. Peu après ils ont la confirmation par un coup de téléphone où Londres vient d'annoncer que le Sheffield à été touché par un missile.

  Depuis sa mise en service dans la Marine nationale en 1978, 14 Super Etendard ont été perdus accidentellement, ou victimes d'avarie en vol la dernière en date le 20 mai 2009 ou un Super Etendard provenant de la Base d'aéronautique navale de Landivisiau se pose en urgence sur l'aéroport de Nantes-Atlantique, après une panne hydraulique, durant une mission d'exercice. Son retrait du service actif est prévue pour le courant de l'année 2016, où il sera remplacé par le Rafale M.

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Dassault Super Etendard. (Lcrd Lenhouts USN)

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Etendard IVM préfigurant son successeur. (Mike Freer)

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Appontage sur le pont d'un porte-avions, la crosse dépliée doit accrocher un brin d'arrêt pour stopper l'avion. (http://www.airliners.net/photo/France-Navy/Dassault-Super-Etendard-Modernise/2232148/L)

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Un A-6 Intruder américain ravitaille en vol deux SEM français au cours d'un exercice en 1996. (Lt Brent Phillips, U.S. Navy)

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Ravitaillement en vol d'un Super Etendard argentin. (Martin Otero)

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Préparation au décollage depuis le pont du Foch d'un Super Etendard pendant la guerre du Liban en 1983. (USN)

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Un SEM armé d'un Exocet sur le pont du Foch en 1983. (USN)

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Un SEM français et un Vought A-7 Corsair II américain durant un exercice en 1988. (Lcdr Lenhouts USN)

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Super Etendard de la flotille 17, basée à la BAN de Landivisiau. (Mike Freer)

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Tableau de bord d'un SEM. (ffaa.net / photo Henri-Pierre Grolleau)

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(avionslegendaires.net)

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(rpdefense.over-blog.com)